Cutting MMA : les dangers de la perte de poids

Le cutting - la perte de poids agressive avant la pesée - reste un sujet central de débat dans le MMA. Des incidents récents, comme l'effondrement de Cameron Smotherman à l’UFC 324, relancent les inquiétudes autour des risques de santé liés à cette pratique.

Le cutting est un rituel presque incontournable chez les combattants MMA avant les pesées officielles, souvent réalisé via une déshydratation sévère pour atteindre une catégorie de poids inférieure au naturel. Cette stratégie vise à obtenir un avantage physique le jour du combat, mais elle peut entraîner des conséquences graves pour la santé.

Cutting MMA : l’incident Smotherman à l’UFC 324

Lors des pesées de l’UFC 324, le bantamweight Cameron Smotherman s’est effondré juste après avoir monté sur la balance, malgré avoir fait le poids à 135,5 lb (limite autorisée pour un combat non-titre). L’incident a vu les secours intervenir immédiatement et le combat contre Ricky Turcios être annulé.

Les séquences diffusées ont choqué une large partie de la communauté, même si Smotherman a par la suite assuré publiquement qu’il n’avait pas fait un cut extrême cette fois-ci, indiquant qu’il avait « très peu perdu de poids » avant la pesée et qu’il allait subir des examens complémentaires pour comprendre ce qui s’était passé.

Ce type d’événement, rare mais dramatique, relance le débat sur la sécurité des méthodes de perte de poids chez les combattants professionnels.

Pourquoi le cutting reste dangereux ?

Le weight cutting consiste généralement à perdre plusieurs kilos en quelques jours, voire heures, avant la pesée officielle, pour ensuite regagner la majeure partie de ce poids avant le combat. Les techniques incluent des régimes hypocaloriques, la restriction d’eau, des saunas ou bains chauds et l’augmentation de la sudation.

Les risques associés à ces stratégies vont bien au-delà de la simple fatigue :

  • Déshydratation aiguë, qui peut affecter les fonctions rénales, cardiaques et neurologiques ;
  • Déséquilibres métaboliques et risques d’atteinte rénale ou hépatique ;
  • Impact physiologique sur la performance, avec des études montrant que des pertes allant jusqu’à 10 % du poids corporel peuvent réduire la force, la résistance et les capacités cognitives.

Déshydratation extrême et risques médicaux en MMA

Le MMA n’est pas sans antécédents tragiques liés au weight cutting. En 2015, Yang Jian Bing est décédé après une tentative de perdre du poids extrême avant une compétition ONE FC. Cet incident a mis en lumière la dangerosité potentielle du cutting lorsqu’il est mal géré ou excessif.

Même sans conséquences mortelles, des situations sérieuses se produisent régulièrement. Par exemple, plusieurs combattants comme Julian Marquez ont eu des problèmes de pesée dans leur carrière, ce qui a parfois entraîné des amendes, des combats à catchweight ou des annulations.

Récemment aussi, le fait qu’un champion UFC comme Charles Oliveira ait été privé d’un titre pour avoir manqué le poids en 2022 montre comment les enjeux sportifs et réglementaires sont liés aux pratiques de cutting.

Réactions et pistes d’évolution

La communauté MMA et les régulateurs ont commencé à s’adapter à ces risques. Certaines commissions athlétiques cherchent à encadrer davantage les méthodes de perte de poids ou à modifier les règles de pesée pour favoriser des pratiques plus sûres et graduelles.

Des stratégies alternatives, comme maintenir des combattants plus proches de leur poids naturel toute l’année, avec un suivi nutritionnel rigoureux, ont aussi encouragées par des nutritionnistes et chercheurs pour réduire le stress hydrique et les tensions physiologiques du corps.

Comment mieux encadrer le cutting à l’avenir ?

  • Des règles de pesée plus flexibles permettant une fenêtre de temps plus large.
  • Un suivi médical obligatoire plusieurs semaines avant les combats.
  • Des catégories de poids supplémentaires pour réduire l’écart entre les divisions.
  • Un accompagnement personnalisé par des spécialistes en nutrition sportive.